Démographie et inclusion du genre sur les sites artisanaux
La récente campagne de cartographie menée par le BGR (Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles) en RDC a permis de recenser un total de 112 351 exploitants miniers artisanaux actifs répartis sur 90 sites dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Parmi ces creuseurs, les femmes représentent un peu plus de 10 % de l'effectif global, avec 11 632 femmes recensées. Toutefois, leur intégration reste très encadrée et leur accès aux zones d'exploitation est fortement restreint. En effet, seuls 9 sites sur les 90 cartographiés autorisent l'accès effectif des femmes aux zones de production. À titre d'exemple, le site de Kapeshi illustre cette faible représentativité avec seulement 4 femmes actives directement impliquées dans l'extraction.
La problématique du travail et de la présence des enfants
L'étude met également en évidence la vulnérabilité des plus jeunes et la persistance du travail des enfants sur ces sites miniers. Les données quantitatives révèlent une implication directe et indirecte préoccupante :
- Sur 16 sites, des enfants participent directement aux opérations de transport ou de lavage du minerai.
- Sur 6 sites, ils sont directement impliqués dans les travaux d'extraction (creusage).
- Par ailleurs, 17 autres sites enregistrent la présence passive d'enfants, qui accompagnent leurs parents sans participer directement aux activités de production.
Statut juridique des sites et perspectives de formalisation
L'un des constats majeurs dressés par Mostapha Aitichou, géologue au BGR, concerne le cadre légal de ces exploitations : aucun des 90 sites identifiés ne constitue une Zone d'Exploitation Artisanale (ZEA) officielle. Les exploitants opèrent soit de manière illégale sur des concessions appartenant à des sociétés minières industrielles, soit sur des « zones tolérées » cédées temporairement par ces mêmes entreprises. Afin de soutenir la formalisation des mines artisanales, les données recueillies ont été transmises aux autorités congolaises. De plus, le BGR a développé une plateforme numérique dédiée à l'encadrement du secteur, un outil stratégique actuellement en attente d'approbation par le ministère des Mines de la RDC.