L'emprise des intermédiaires sur l'or de Mutoko
Les exploitants des mines artisanales de la région de Mutoko, au Zimbabwe, font face à une crise structurelle majeure. Les mineurs locaux révèlent l'existence d'une économie de l'ombre florissante qui capte l'essentiel de leur production d'or. En l'absence de canaux officiels à proximité, près de 100 % de la production des mineurs locaux se retrouve vulnérable au marché noir.
Faute d'alternatives, les exploitants sont contraints de vendre leur minerai à des acheteurs clandestins non agréés. Ces intermédiaires fixent arbitrairement des prix d'achat très inférieurs aux cours officiels, s'accaparant ainsi la majeure partie de la valeur ajoutée au détriment direct des producteurs locaux. Cette défaillance de la chaîne d'approvisionnement alimente un vaste réseau de contrebande, par lequel des millions de dollars de revenus miniers échappent chaque année au circuit officiel zimbabwéen.
L'appel à un partenariat direct avec la Fidelity Gold Refinery
Pour mettre fin à cette fuite de capitaux et sécuriser les revenus de l'État, les mineurs exhortent le gouvernement zimbabwéen à déployer des agents de la Fidelity Gold Refinery (FGR) directement sur le terrain. L'absence de présence physique de cet organe d'achat étatique à Mutoko est identifiée comme la cause principale de la prolifération des acheteurs illégaux.
Les producteurs locaux réclament l'établissement de centres d'achat directs gérés par la FGR. Un accès immédiat au marché officiel permettrait de garantir des prix équitables pour les mineurs artisanaux, de court-circuiter les réseaux de contrebande et de réintégrer l'or de Mutoko dans l'économie formelle du pays, générant ainsi de précieuses devises pour l'État.