Rechercher sur Akwamining

ENTER ou ESC pour fermer

💡 Astuce : Utilisez des mots-clés comme "extraction", "durabilité", "technologies"...

Secteur Minier Featured

RDC : La première raffinerie d'or de Kalemie face au défi de l'approvisionnement

L'installation de la première raffinerie d'or à Kalemie, dans la province du Tanganyika, suscite l'espoir d'une transformation locale des ressources en RDC, tout en posant la question cruciale de la formalisation et de l'approvisionnement des mines artisanales.

By La Rédaction
April 02, 2026
3 min read
3 views
RDC : La première raffinerie d'or de Kalemie face au défi de l'approvisionnement

La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape historique dans la valorisation locale de ses ressources minérales. Depuis le début du mois de mars, la ville de Kalemie, située dans la province du Tanganyika, abrite la toute première raffinerie d'or de la région. Avec une capacité de production mensuelle estimée entre 500 et 600 kg d'or fin, cette infrastructure suscite autant d'enthousiasme que d'interrogations quant à sa viabilité opérationnelle et son approvisionnement.

Le défi de l'approvisionnement : entre ambition et réalité du terrain

L'objectif affiché par les promoteurs de la raffinerie est d'alimenter l'usine grâce à la production des exploitations artisanales locales et de la petite mine semi-industrielle de la société Mining Mineral Resources (MMR). Cependant, des doutes planent sur la capacité de la province à fournir de tels volumes.

Jules Mulya, président du patronat à Kalemie, tempère les attentes : « Il n'y a pas de gros gisement comme c'est le cas dans la Province Orientale ou en Ituri avec Kibali Gold Mine. Au Tanganyika, il y a de l'or partout mais en très faible quantité. » Selon lui, une production réaliste se situerait plutôt entre 100 et 150 kg par mois, même en éradiquant totalement la fraude.

Lutter contre le marché noir par des prix attractifs

Pour capter les flux d'or et détourner les creuseurs artisanaux des circuits clandestins, la raffinerie devra proposer des conditions d'achat compétitives. L'accès à un marché sécurisé et, surtout, la garantie de paiements rapides et en espèces sont des facteurs clés de succès.

« Les orpailleurs ont maintenant un marché. J'espère que la raffinerie aura des prix intéressants, où l'on pourra vendre et être payé en toute sécurité. Il faut un paiement cash pour éviter tout retard », insiste Jules Mulya.

Un catalyseur pour le développement industriel local ?

Au-delà de l'or, la société civile voit dans cette initiative un modèle à dupliquer pour d'autres minerais stratégiques de la province, notamment le lithium. Boniface Mbuyi, acteur de la société civile locale, plaide pour une industrialisation accrue : « Que les entreprises qui exploitent du lithium implantent aussi leurs usines de raffinerie dans la province. Cela va permettre la création d'emplois et la circulation de la monnaie. »

Formalisation et normes ESG : le véritable chantier

Si raffiner l'or à 99 % est une avancée technique majeure, la priorité absolue demeure l'assainissement de la chaîne d'approvisionnement en amont. Fabien Mayani, directeur des programmes au Centre Carter en RDC, rappelle les défis structurels du secteur artisanal : formalisation des creuseurs, création de zones d'exploitation artisanale (ZEA) viables, structuration de coopératives transparentes, respect des normes de sécurité, des conditions de travail et protection de l'environnement.

Le secteur aurifère en chiffres

En 2024, la RDC a exporté plus de 27,9 tonnes d'or, dont seulement 1,08 tonne est issue du secteur artisanal. La contribution de la province du Tanganyika s'est élevée à 49 kg, représentant à peine 2,8 % de la production artisanale nationale. Ces chiffres officiels du ministère des Mines soulignent l'ampleur du défi qui attend la nouvelle raffinerie de Kalemie pour atteindre ses objectifs de production.

Related Articles