Incursion des ADF et crise humanitaire dans le Haut-Uele
Traqués dans la province de l'Ituri, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) étendent désormais leur zone d'action vers la province voisine du Haut-Uele, en RDC. Selon les rapports locaux, ces groupes armés tentent d'établir un nouveau bastion principal à Suka ya Mboka, une zone forestière stratégique située à la frontière des territoires de Wamba et de Watsa. Cette incursion génère une insécurité grandissante, menaçant directement une région reconnue pour ses vastes réserves d'or, abritant notamment la mine de Kibali et le projet aurifère de Giro.
Face à cette avancée, où les positions rebelles à Betongwe se trouvent à moins de 100 kilomètres du centre de Wamba, une crise humanitaire majeure se dessine. Plus de 10 000 civils ont déjà fui les chefferies de Mahaa, Andobi et Kebo-Apodo. Ces déplacés convergent dans un dénuement total vers des agglomérations jugées plus sûres, telles que Mungbere, Gombari, Watsa-Centre, Moku et Giro.
Déficit sécuritaire et stratégie de riposte régionale
La société civile locale dénonce un sous-effectif chronique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans ces zones rurales frontalières. Ce déficit sécuritaire laisse les populations locales et les infrastructures économiques particulièrement vulnérables aux attaques.
Pour contrer cette progression et protéger cette zone névralgique, une réponse militaire coordonnée est en cours de préparation. Les responsables sécuritaires de cinq provinces se sont réunis à Kisangani le 2 juillet 2026. L'objectif de cette rencontre stratégique est d'élaborer un plan de riposte régional conjoint visant l'éradication définitive de la menace ADF dans le nord-est du pays.