La directive présidentielle de démilitarisation
Lors du Conseil des ministres à Kinshasa, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a ordonné aux ministres de l'Intérieur et de la Défense de procéder au retrait immédiat et sans délai de tous les militaires et policiers présents illégalement sur les sites miniers. Selon le chef de l'État, cette militarisation injustifiée favorise l'exploitation illégale, la fraude minière et la contrebande, notamment dans les filières stratégiques comme l'or. Cette présence armée dégrade la gouvernance du secteur extractif et nuit gravement à l'attractivité du pays, décourageant les investisseurs légitimes d'y déployer leurs capitaux.
Scepticisme de la société civile face aux réseaux d'influence
L'organisation Justicia ASBL, représentée par Me Timothée Mbuya, doute fortement de l'application réelle de cette mesure. L'ONG rappelle en effet que des directives similaires, ordonnées en 2019 et 2022, sont restées sans effet sur le terrain, particulièrement dans des provinces comme le Sud-Kivu. Justicia ASBL dénonce la puissance de réseaux d'extraction illégale extrêmement lucratifs. Ces structures mafieuses impliquent des membres des forces armées, des acteurs politiques, des proches de la famille présidentielle, et s'appuient sur des financiers étrangers injectant plusieurs millions de dollars américains pour maintenir leur emprise sur les concessions minières.