Le groupe minier Nguvu Mining Group, filiale de la compagnie ghanéenne Adamus Resources Limited, fait face à de lourdes sanctions réglementaires au Mali. Le ministère des Mines a adressé un ultimatum de 90 jours à l'entreprise pour corriger plusieurs infractions opérationnelles et financières majeures, sous peine de révocation de ses licences d'exploitation.
Dans une lettre officielle datée du 24 avril 2026, le ministre malien des Mines, Amadou Keita, a exprimé ses vives préoccupations concernant les filiales du groupe, SEMICO-SA et MIKO-SA. Ces entités détiennent des permis d'exploitation pour les concessions de Ségala et Kofi, situées dans le cercle de Kéniéba, une région riche en ressources minérales.
Des infractions graves constatées
Les audits menés par le ministère ont révélé plusieurs manquements critiques, principalement imputés à MIKO-SA :
- Arrêt non autorisé des activités : L'entreprise a suspendu ses opérations minières pendant plus de deux ans consécutifs sans notification ni approbation préalable de l'administration minière.
- Non-paiement des taxes : Le groupe est accusé de ne pas avoir versé les impôts, droits et redevances dus à l'État malien.
- Infractions financières : Les autorités reprochent à la société l'ouverture d'un compte bancaire offshore non autorisé et le non-rapatriement des devises étrangères, en violation de la loi uniforme de l'UMOA sur la réglementation des changes.
Un ultimatum de 90 jours
Ces violations contreviennent à l'article 18 de l'ordonnance de 1999 portant Code minier du Mali. En vertu de cette législation, l'État se réserve le droit d'annuler ou de retirer les titres miniers sans compensation si l'entreprise ne se conforme pas à une mise en demeure dans un délai de 90 jours.
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un renforcement des contrôles initié par le gouvernement de transition malien, visant à maximiser les retombées locales de l'exploitation minière et à faire respecter strictement les codes miniers de 1999 et 2023.