La mine de Kiaka : un actif stratégique en pleine croissance
Située à 45 km au sud de la mine de Sanbrado, la mine d'or de Kiaka s'impose comme un pilier de la production aurifère au Burkina Faso. Sous la gestion de la compagnie australienne West African Resources (WAF), le site a réalisé sa première coulée d'or en juin 2025. Sur l'ensemble de l'année 2025, la mine a affiché des performances remarquables avec une production atteignant 148 946 onces d'or. Ce volume a été extrait à partir du traitement de 6 606 kt de minerai, présentant une teneur moyenne de 0,7 g/t. Ces résultats probants confirment le fort potentiel aurifère du gisement, seulement trois ans et demi après son acquisition par WAF.
La stratégie de l'État pour accroître sa participation
En août 2025, le gouvernement de transition, sous l'égide du Capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement exprimé sa volonté de renforcer le contrôle de l'État sur ses ressources. Le Conseil des ministres a ainsi adopté un décret visant à acquérir une participation additionnelle de 35 % dans le capital de la mine de Kiaka, portant la part totale de l'État burkinabè à 40 %. Cette démarche souveraine s'inscrit en stricte conformité avec les dispositions du nouveau code minier promulgué en 2024. De son côté, West African Resources avait anticipé cette évolution réglementaire. Dès juin 2025, la compagnie minière avait annoncé son intention d'aligner l'actionnariat de l'ensemble de ses projets dans le pays — incluant Sanbrado, Kiaka et Toega — sur la nouvelle législation en vigueur.
Redéfinition des rapports de force et perspectives
Cette exigence gouvernementale illustre une montée assumée du nationalisme des ressources en Afrique de l'Ouest. Elle marque un tournant décisif vers un contrôle étatique accru et une volonté de redistribution plus équitable des revenus générés par l'exploitation de l'or au Burkina Faso. Si cette dynamique répond aux aspirations de souveraineté économique du pays, elle soulève néanmoins des questions stratégiques pour le secteur minier. L'enjeu réside désormais dans l'impact de ces mesures sur l'avenir des investissements étrangers et dans la capacité ou la volonté des autres multinationales à se conformer à ces nouvelles exigences souveraines pour maintenir leurs opérations dans la région.