Panthera Resources cible le potentiel aurifère de Bido
La société minière britannique Panthera Resources a annoncé une cible de découverte initiale comprise entre 0,7 et 1,6 million d’onces d’or sur son projet Bido, situé au Burkina Faso. Cette annonce s'inscrit dans une stratégie d’expansion régionale portée par des actifs d'exploration en Afrique de l'Ouest, notamment au Mali et au Burkina Faso. Toutefois, ces ambitions restent fortement conditionnées au renouvellement des licences minières dans un contexte politique sahélien instable.
Bido : un potentiel aurifère à confirmer
Le projet Bido constitue le dernier ajout au portefeuille ouest-africain de Panthera. Un programme de forages à circulation inverse (RC) a permis d’identifier plusieurs intersections aurifères significatives, dont une de 56 mètres à 1,16 g/t d’or à partir de 76 mètres de profondeur.
La fourchette de 0,7 à 1,6 million d’onces demeure une estimation préliminaire et ne constitue pas encore une ressource minérale au sens des normes NI 43-101 ou du code JORC. À titre de comparaison, le projet Cascades, autre actif burkinabè détenu indirectement par Panthera via sa participation dans Moydow, affiche 635 000 onces de ressources indiquées et inférées.
Avec un cours de l’once d’or franchissant les 4 000 dollars, la valorisation de tels gisements devient stratégique pour les juniors minières en quête de capitaux.
Un portefeuille malien sous haute pression réglementaire
Outre ses activités au Burkina Faso, Panthera suit de près ses projets maliens de Kalaka (803 000 onces inférées) et Bassala. Ces derniers sont soumis à un cadre réglementaire profondément remanié depuis la promulgation du code minier malien de 2023.
Principales évolutions réglementaires au Mali :
Dans ce cadre, le renouvellement de la licence du projet Kalaka est devenu une condition sine qua non pour la poursuite des investissements de Panthera au Mali.
Risque souverain et révision des cadres miniers au Burkina Faso
Le Burkina Faso connaît des tensions similaires. Sous la transition militaire, le gouvernement burkinabè a entamé des révisions du cadre minier visant une plus grande captation de la rente aurifère, entraînant l'annulation de plusieurs permis d'exploitation minière octroyés à des sociétés étrangères.
Bien que le secteur industriel et artisanal burkinabè demeure dynamique (61,5 tonnes d'or produites en 2024, représentant 84 % des exportations), la révision unilatérale des conventions force les sociétés juniors à concilier risques juridiques et programmes de travaux géologiques.
De l'exploration à la production : une équation complexe
En Afrique de l'Ouest, la transition entre une découverte initiale et la mise en exploitation industrielle s'étale généralement sur 3 à 7 ans. Cette progression nécessite la stabilisation des titres miniers, l'obtention des financements nécessaires et la réalisation d'études de faisabilité concluantes. Pour Panthera Resources, la confirmation du potentiel de Bido et la sécurisation des permis maliens constitueront les étapes clés des prochains mois.