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Actualités Minières

Cartographie géophysique en RDC : Kinshasa lance un programme de 358,8 millions $ pour doubler la connaissance de son sous-sol

La RDC a officiellement lancé la phase opérationnelle du programme PC2G-RDC, confié à Xcalibur Multiphysics et financé à hauteur de 358,8 millions $ par le FOMIN. Cette campagne aéroportée de 36 mois permettra de porter la connaissance géologique du sous-sol congolais de 22,27 % à 46,1 %.

By La Rédaction
octobre 11, 2026
3 min read
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Cartographie géophysique en RDC : Kinshasa lance un programme de 358,8 millions $ pour doubler la connaissance de son sous-sol

La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape stratégique dans la modernisation et la rationalisation de son secteur minier. Le gouvernement congolais a officiellement donné le coup d'envoi opérationnel du deuxième volet de son Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique, désigné sous l'acronyme PC2G-RDC. Cette initiative d'envergure vise à faire passer le taux de couverture géoscientifique du territoire national de 22,27 % à 46,1 % dans un délai de 36 mois.

Ce déploiement ne vise pas directement à quantifier les gisements exploitables à court terme, mais à doter l'État et les compagnies minières d'un socle de données scientifiques de haute précision. En réduisant les incertitudes géologiques en amont, la RDC ambitionne de diminuer drastiquement les coûts et les risques liés aux campagnes d'exploration de terrain, renforçant ainsi l'attractivité de son domaine minier à l'échelle internationale.

Un déploiement technique et logistique de haute précision

Coordonnée par le Service géologique national du Congo (SGN-C), sous l'autorité du ministère des Mines, la mise en œuvre technique a été confiée à la firme spécialisée espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL. La logistique déployée comprend notamment une flotte de huit aéronefs équipés de capteurs géophysiques de pointe.

Les opérations aéroportées permettront la collecte systématique de plusieurs types de données géoscientifiques :

  • Données magnétiques et radiométriques : essentielles pour cartographier les structures tectoniques profonds et la signature lithologique des formations rocheuses.
  • Données gravimétriques : destinées à identifier les contrastes de densité du sous-sol et à repérer les structures intromassives ou les bassins sédimentaires.
  • Données électromagnétiques : particulièrement efficaces pour la détection de corps conducteurs, souvent associés aux minéralisations métalliques massives.

Les données brutes recueillies par voie aérienne feront l'objet d'un traitement informatique poussé, de modélisations sous-surface et d'une vérification systématique par des campagnes de contrôle géologique au sol (marteautage, échantillonnage et cartographie de terrain).

Découpage géographique et zones cibles

Sur le plan géographique, cette nouvelle phase s'inscrit dans le prolongement des levés géophysiques précédemment exécutés dans le Grand Katanga, haut lieu de la production de cuivre et de cobalt. Le programme étendra désormais ses grilles de vol à d'autres provinces stratégiques :

  • Le Kongo Central, zone clé pour le potentiel pétrolier, phosphaté et les métaux de base ;
  • Le Kwango et le Kwilu, couvrant une partie stratégique des bassins sédimentaires ;
  • Le Grand Kasaï, historiquement réputé pour son potentiel diamantifère et pré-cambrien mal connu.

Montage financier et transfert de compétences local

L'ensemble de cette campagne représente un investissement global estimé à près de 358,8 millions de dollars US. La phase B actuelle repose sur un contrat de 297,87 millions de dollars conclu en janvier 2026 avec Xcalibur, venant compléter la phase initiale de 60,96 millions de dollars entamée en 2017. L'intégralité du financement est assurée par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), un organisme public alimenté par la redevance minière.

Outre l'acquisition pure de données géoscientifiques, le contrat stipule un volet majeur axé sur la souveraineté technique. Le programme prévoit des sessions de formation avancée et un transfert de technologies au profit des géologues, ingénieurs du SGN-C, enseignants-chercheurs et étudiants congolais, garantissant ainsi la pérennité de la gestion des données nationales.

Analyse et perspectives pour le secteur minier continental

À l'image des récents programmes de cartographie entrepris en Afrique de l'Ouest (notamment au Ghana, en Côte d'Ivoire ou au Mali pour la structuration des ceintures de roches vertes aurifères), la RDC confirme que la maîtrise de l'information géologique constitue le prérequis fondamental à toute politique minière souveraine. En structurant ses données cadastrales et géophysiques, Kinshasa se dote des moyens d'orienter stratégiquement les attributions de permis, d'optimiser la valeur de ses actifs miniers et d'encadrer plus efficacement les investissements privés face aux enjeux globaux de la transition énergétique.

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