Sécurisation et gouvernance des sites miniers
Afin de protéger ses vastes ressources, dont la richesse minérale est estimée à 24 000 milliards de dollars, la RDC a mis en place une « garde minière » armée. Cette initiative bénéficie d'un financement de 100 millions de dollars octroyé par les Émirats arabes unis et les États-Unis. Cette force de sécurité a pour objectif principal de sécuriser les chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques et d'éliminer les pratiques contraires à la bonne gouvernance. Toutefois, le déploiement de cette garde suscite certaines réserves, plusieurs analystes craignant une militarisation accrue des zones minières sensibles.
Transparence et numérisation des flux
Dans le cadre de sa réforme minière, le gouvernement congolais, appuyé par des responsables tels que Rafael Kabengele, Inspecteur général des mines, collabore étroitement avec l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). L'État investit dans la numérisation des douanes et du commerce extérieur. Une avancée majeure est prévue pour 2025 avec le lancement de la plateforme numérique E-trace par l'agence nationale de certification. Ce système garantira une traçabilité complète des minéraux, de l'extraction jusqu'à l'exportation. L'objectif est d'assurer un approvisionnement responsable, conforme aux critères ESG internationaux, tout en luttant efficacement contre l'exploitation illégale.
Le défi de la formalisation de l'exploitation artisanale
L'exploitation artisanale représente un enjeu socio-économique majeur en RDC. Ce secteur emploie environ 2 millions de creuseurs et fait vivre près de 10 millions de personnes, tout en contribuant à hauteur de 20 % de la production nationale de cuivre et de cobalt. Cependant, cette activité souffre d'un manque cruel de sécurité et engendre des pertes fiscales considérables pour l'État. Pour y remédier et formaliser le secteur, le gouvernement renforce ses contrôles. À titre d'exemple, une suspension temporaire de trois mois de toutes les activités minières a été décrétée dans certaines parties de la province du Sud-Kivu afin de stopper les flux illicites et d'assainir la filière.
Nouvelle stratégie nationale : cap sur la transformation locale
Adoptée en janvier sous la supervision d'experts tels que Jean-Marie Kanda, conseiller principal du président sur les minéraux critiques, la nouvelle stratégie nationale repose sur l'exploration géologique, le développement des compétences, le strict respect des normes ESG et la promotion de la transformation locale. La RDC refuse désormais son statut historique de simple exportateur de matières brutes. À travers le mot d'ordre « do it in the DRC », le pays ambitionne de capter la valeur ajoutée sur son territoire, de créer des emplois locaux et de favoriser le transfert de technologies, afin de redéfinir ses partenariats avec les acteurs internationaux venus de Chine, d'Inde, d'Europe ou d'Amérique du Nord.