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Acquisitions

Mali : Endeavour Mining cherche un repreneur pour la mine d'or Kalana et négocie une alliance avec Barrick

Endeavour Mining ne développera pas elle-même la mine d’or Kalana au Mali et cherche des partenaires locaux pour reprendre le projet, alors que des discussions d'alliance stratégique avec Barrick Gold se profilent en coulisses.

By La Rédaction
June 04, 2026
4 min read
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Mali : Endeavour Mining cherche un repreneur pour la mine d'or Kalana et négocie une alliance avec Barrick

En juillet 2025, Endeavour Mining a signé avec Bamako un accord pour relancer la première mine d’or industrielle du Mali. Active en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal, la compagnie ne produit pas d’or au Mali, même si l’hypothèse d’un rapprochement avec Barrick pourrait changer la donne.

Endeavour Mining ne développera pas elle-même la mine d’or Kalana au Mali et cherche des partenaires locaux susceptibles de reprendre le projet, a confirmé la compagnie. Le leader ouest-africain de la production d’or tourne ainsi le dos à la première mine d’or industrielle de l’histoire du pays, moins d’un an après avoir pourtant signé un protocole d’accord avec Bamako censé relancer cet actif.

Cette clarification intervient à un moment où Endeavour pourrait, par un autre canal, changer de dimension au Mali. Barrick Mining et Endeavour discutent en effet d’une alliance autour des actifs africains du premier. Le projet évoqué prévoit la création d’une entité commune, cotée à Londres et valorisée à environ 30 milliards de dollars, qui regrouperait les mines africaines de Barrick. Le groupe canadien cherche à se recentrer sur l’Amérique du Nord et à se défaire ainsi de ses actifs jugés plus risqués.

Si Endeavour a refusé de commenter cette information, l’opération représenterait une expansion majeure pour la compagnie. Premier producteur d’or en Afrique de l’Ouest et valorisé autour de 15 milliards de dollars, le groupe exploite des mines en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Sénégal, mais aucune au Mali. Sa production a progressé d’environ 10 % en 2025, à 1,21 million d’onces.

C’est dans ce contexte qu’Endeavour clarifie le sort de Kalana. Un porte-parole de la compagnie a affirmé que le projet ne figure pas parmi ses actifs stratégiques et qu’elle travaille avec des partenaires locaux susceptibles de le racheter et de le développer. La déclaration éclaire des mois de silence.

En juillet 2025, Bamako et Endeavour ont signé un protocole d’accord pour relancer Kalana. Le directeur de la Société des mines d’or de Kalana (Somika), Abdoul Aziz Sy, a alors annoncé un début de chantier six mois après la signature et une mise en service sous dix-huit mois. Dix mois plus tard, Endeavour n’a communiqué aucune avancée sur le chantier, son financement ou les sociétés chargées de l’exécuter.

Ce désengagement a aussi une traduction comptable. Dans son rapport annuel 2025, Endeavour a encore réduit de 9,5 millions de dollars la valeur qu’il attribue à Kalana, après l’avoir déjà dépréciée de 133,1 millions de dollars en 2024. La compagnie explique cette baisse par une révision de ses hypothèses sur le risque du projet et sur la part des ressources qu’elle juge réellement exploitable.

Un potentiel de plus de 50 tonnes

Entrée en production en 1984 avec l’appui technique soviétique, Kalana a livré environ 500 kilogrammes d’or par an avant l’arrêt de 1991. Endeavour a acquis 80 % d’intérêts dans le projet en juin 2017, contre 122 millions de dollars versés pour le rachat d’Avnel Gold. Une étude de préfaisabilité publiée en 2021 estime que la mine pourrait livrer jusqu’à 150 000 onces par an, pour une production totale d’environ 1,65 million d’onces (51,3 tonnes) sur onze ans. La même étude a chiffré le coût de construction à 297 millions de dollars.

Ce potentiel explique sans doute pourquoi Endeavour a accepté les nouvelles règles maliennes. Avec le protocole de juillet 2025, la compagnie a consenti à faire passer Kalana sous le code minier de 2023, qui autorise l’État à porter sa participation jusqu’à 35 %, dont 5 % réservés aux investisseurs locaux, contre 20 % aujourd’hui. Elle préfère désormais passer la main, alors qu’elle s’active à développer un nouveau projet aurifère (Assafou) en Côte d’Ivoire, pays où Endeavour exploite déjà deux mines.

L’hypothèse Loulo-Gounkoto

Le contraste est net avec Loulo-Gounkoto. La plus grande mine d’or du Mali tomberait dans l’escarcelle d’Endeavour si le rapprochement avec Barrick aboutit. Restée à l’arrêt durant la majeure partie de 2025, sur fond de différend entre Barrick et l’État malien, elle a repris sa production fin 2025 après un accord entre la compagnie canadienne et les autorités.

Endeavour se retrouverait alors dans une position singulière au Mali. La compagnie quitterait un projet ancien et déprécié pour devenir l’opératrice de la principale mine d’or du pays, donc un contributeur fiscal de premier plan et un partenaire installé de l’État. Ce scénario reste hypothétique, suspendu à des discussions qu’aucune des deux parties n’a confirmées.

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