Interdiction de l'or brut et obligation de raffinage local
Le président Mamadi Doumbouya a décrété l'arrêt immédiat des exportations d'or brut. Lors d'une rencontre avec les acteurs du secteur, il a été annoncé que désormais, l'intégralité de la production aurifère nationale devra être transformée et certifiée en Guinée avant de rejoindre les marchés internationaux. Cette décision de politique minière vise à capter une plus grande part de la valeur ajoutée grâce à la bénéficiation locale des ressources.
Centralisation à Conakry et sanctions pour non-conformité
L'État guinéen va canaliser l'ensemble des flux d'exportation d'or à travers une nouvelle raffinerie implantée à Conakry. Cette infrastructure servira de centre unique pour la fonte, le raffinage local et la certification. Les autorités ont averti que les opérateurs récalcitrants s'exposent à des sanctions sévères, allant de la suspension de leur licence à la résiliation pure et simple de leurs accords miniers.
Le poids du secteur aurifère guinéen
Bien que premier producteur mondial de bauxite, la Guinée est aussi un acteur aurifère majeur en Afrique de l'Ouest. Au premier trimestre 2026, le pays a exporté plus de 22 000 kilogrammes d'or (secteurs industriel, semi-industriel et artisanal confondus). Le secteur repose sur des géants industriels comme la Société Aurifère de Guinée (SAG), filiale d'AngloGold Ashanti, ainsi que sur un important réseau de producteurs artisanaux et de bureaux d'achat.
Défis de mise en œuvre et dynamique régionale
Cette interdiction d'exportation reflète une volonté partagée par plusieurs pays africains de limiter la sortie de minerais bruts pour favoriser la création de valeur sur le continent. Toutefois, les analystes rappellent que la réussite de cette transition dépendra de la capacité de la nouvelle raffinerie à absorber la production nationale, ainsi que des investissements nécessaires dans l'énergie et les infrastructures de transport.