Le retour stratégique des États-Unis dans le bassin minier congolais
À l'occasion de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, la diplomatie américaine a mis en lumière une avancée majeure pour ses intérêts économiques en RDC. Les États-Unis ont en effet mis en avant l'acquisition des actifs de Chemaf par la société américaine Virtus Minerals, en partenariat avec l'indien Lloyds Metals and Energy. Ce projet stratégique, qui englobe les gisements de cuivre et de cobalt de Mutoshi (province du Lualaba) et de l'Étoile (Haut-Katanga), marque le premier investissement minier américain d'envergure en République démocratique du Congo depuis plus de dix ans. Cette initiative vise directement à sécuriser les chaînes d'approvisionnement occidentales en minerais critiques.
Un profil d'entreprise atypique sous le feu des interrogations
Malgré le soutien diplomatique affiché, notamment par le Chargé d'affaires des États-Unis en RDC, Ian McCary, Virtus Minerals se distingue par un profil de direction atypique. L'entreprise est dirigée par d'anciens officiers de l'armée américaine, dont Phil Braun et Andrew Powch. Cette particularité, couplée à une enquête de Reuters publiée en avril 2026, révèle de sérieuses interrogations au sein de l'industrie minière. Les acteurs du secteur s'interrogent sur la capacité technique et financière réelle de cette entité à piloter des projets miniers d'une telle envergure, particulièrement dans le contexte opérationnel complexe qu'implique la collaboration avec la Gécamines et les autorités locales.
La géopolitique des minerais critiques en toile de fond
Cette offensive américaine s'inscrit dans un cadre diplomatique précis : l'accord de partenariat stratégique sur les minerais critiques signé entre les États-Unis et la RDC le 4 décembre 2025, sous l'égide du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Pour Washington, le soutien appuyé à Virtus Minerals constitue un levier de géopolitique essentiel. L'objectif est double : diversifier les sources d'approvisionnement en métaux stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale, et surtout, contrer l'hégémonie historique de la Chine sur le secteur minier congolais. Ce positionnement a d'ailleurs été au cœur des discussions lors de la DRC Mining Week, en présence de figures clés telles que la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, le Ministre des Mines, Louis Watum, le Ministre des Ressources hydrauliques et de l'Électricité, Teddy Lwamba Muba, ainsi que des acteurs majeurs comme Glencore RDC, représenté par Marie-Chantal Kaninda.